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86 L’ÉPITHALAME DE PIERRE GILLES. Les Muses. Une noce sainte, pure, chaste, à laquelle Pallas elle-même ne rougirait pas d’assister, et où certainement elle se trouvera. Alype. Ne puis-je savoir le nom de l’époux et de l’épousée ? Les Muses. Vous avez sans doute entendu parler de ce charmant jeune homme qui connaît à fond toutes les plus fines délicatesses de la littérature, Pierre Gilles. Alype. C’est une perle et non un homme. Les Muses. Il épouse Cornélie, une jeune vierge digne d’Apollon lui-même. Alype. Il s’est montré, dès son enfance, un de vos fervents adorateurs. Les Muses. Nous lui chanterons donc un épithalame. Alype. Les Graces danseront-elles? Les Muses. Non-seulement elles danseront, mais encore elles uniront ces deux coeurs charmants par les nœuds indissolubles d’un amour réciproque, afin que nul sentiment soit de colère, soit d’ennui, ne puisse naître entre eux. L’une s’entendra appeler perpétuellement : Ma vie; l’autre à son tour : Mon âme. La vieillesse même, loin de rien ôter à ce bonheur, ne fera qu’y ajouter. Alype. Je serais surpris qu’en vivant de la sorte on put vieillir. Les Muses. Vous avez raison, car ce sera la maturité plutôt que la vieillesse. Alype. J’en connais beaucoup pour qui, au bout de trois mois, ces termes caressants avaient singulièrement changé, et qui, pendant le repas, en guise de mots aimables faisaient voltiger les assiettes et les plats; le