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L EPITHALAME DE PIERRE GILLES. 85 Mécène il était pour les belles-lettres! Quel bienveillant protecteur des talents! Mais il a laissé deux frères : Gilles, homme d’un goût et d’une sagesse admirables, et Jérôme. Alype. Nous connaissons Jérôme, très-versé dans tous les genres de littérature, orné de tous les genres de vertu. Les Muses. Les destins ne lui accorderont pas une longue vie, quoique nul ne soit plus digne de l’immortalité. Alype. Comment le savez-vous? Les Muses. Apollon nous l’a dit. Alype. Quelle est donc cette jalousie des destins qui les pousse è ravir aussitòt tout ce qu’il y a de meilleur? Les Muses. Ce n’est pas le moment de philosopher ; mais ce Jérôme, en mourant plein de renom, consacrera toutes ses richesses à fonder à Louvain un collége dans lequel les hommes les plus instruits enseigneront les trois langues gratuitement et publiquement. Cet acte ajoutera un grand relief aux lettres et à la gloire de Charles. Alors nous passerons à Louvain avec plaisir. Alype. Où allez-vous donc maintenant? Les Muses. À Anvers. Alype.. Les Muses et les Grâces vont à la foire? Les Muses. Du tout; elles vont au contraire à la noce. Alype. Qu’y a-t-il de commun entre des vierges et une noce? Les Muses. Des vierges peuvent sans inconvenance aller è une telle noce. Alype. Quelle noce voulez-vous donc dire ?