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yeux que pour la matière, et ne voit que cela de réel.
Les mystiques, au contraire, toujours détachés de
tout ce qui tient à la terre, ne savent que s’élancer vers
le ciel. Les mondains songent d’abord aux richesses,
ensuite aux délices ; leurs derniers soins sont pour
l’âme, à laquelle la plupart même ne croient pas, parce
qu’elle n’est pas visible. Les autres sont concentrés en
Dieu, qui est le plus simple de tous les êtres, et après
Dieu et pour Dieu, dans leurs âmes qui en sont les
images. Ils oublient le corps, et regardent les richesses
comme des balayures. S'ils sont forcés de les manier,
ils le font avec répugnance. Ils les ont comme ne les
ayant pas, et les possèdent sans les posséder. Il y a,
dans les mêmes choses, des degrés et des caractères
qui les diversifient. Quoique tous nos sens tiennent au
corps, il y en a de plus matériels les uns que les autres.
La vue, l’ouie, le tact, l’odorat et le goût sont pu¬
rement physiques. La mémoire, l’entendement, la
volonté, sont mixtes. Or, où l’âme s’exerce, là est son
fort. Les dévots n’exerçant leurs facultés intellec¬
tuelles que sur des objets immatériels, ils deviennent
étrangers à tout le reste. Le monde, au contraire,
ignore les jouissances spirituelles, et ne connaît que
celles des sens grossiers. De cette différence vient
sans doute ce qu’on lit dans certaine légende, que
quelques saints ont bu de l’huile croyant boire du vin.
Parmi les passions, il y en a qui sont plus intimes
avec le corps,comme l’appétit charnel, la faim, la soif,
la colère, l’orgueil, l'envie. Ce sont celles que les