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167 vérité ni en jouir. Platon définit la philosophie sous le nom de méditation de la mort, parce qu’elle fait en partie ce que fait la mort. Elle détache l’âme des objets sensibles et matériels. Lorsque l’âme fait un usage régulier des organes du corps, on dit qu’elle est en bon état. Si,ennuyée de ses fers, elle veut les briser et se mettre en liberté, ces efforts sont réputés folie. Elle passe pour avérée quand, en même temps, il y a maladie et dérangement des organes. Cependant nous voyons ces fous parler des langues qu’ils n’ont jamais apprises,annoncer l’avenir,et donner des signes d’hommes inspirés. Cela vient indubitablement de ce que leurs âmes, moins dépendantes du corps, commencent à jouir de leur force naturelle. La même cause produit des effets semblables dans les mourants : ils parlent comme des hommes éclairés par le ciel. Si c’est zèle pieux qui exalte ainsi les âmes, ce n’est pas la même folie; mais c’est quelque chose de si approchant, qu’en général tout le monde s’y trompe. Pauvres hommes! Il y en a bien peu qui aient constamment d’autres yeux que la foule des mortels. Ils sont dans le cas de ceux que Platon suppose dans sa caverne allégorique. Retenus là, ils voient des fantômes qu’ils admirent. Un deux, qui a trouvé moyen d’échapper, revient les joindre, et leur dit qu’ils ne voient que des ombres vaines, et qu’il a vu des choses réelles. Il a pitié d’eux, il déplore l'illusion dont ils sont dupes. Qu’y gagne-t-il ? On se moque de lui, on le traite de fou, on ne l'écoute pas. Le commun des hommes n’a des