OCR
OU LES FRANCISCAINS. 65 Conrad. Pourquoi les apòtres ne mangeaient-ils pas d’abord de toute espèce d’aliments? L’Aubergiste. Je ne sais pas; dites-le-moi. Conrad. Parce qu’une coutume insurmontable s’y opposait. En effet, ce qui s’est profondément gravé dans l’esprit des hommes, ce qui s’est invétéré par un long usage et qui est devenu pour ainsi dire une seconde nature, ne peut étre supprimé tout d’un coup sans nuire è la tranquillité humaine; il faut le faire disparaître petit à petit, comme a fait l’homme de la fable en arrachant les crins de la queue du cheval. L’Aubergiste. Passe encore si tous les moines avaient le même habit. Peut-on supporter tant de variétés ? Conrad. Ce mal est venu de l’usage, d’où naissent tous les abus. Saint Benoît n’a point inventé un nouveau costume; l’habit qu’il portait avec ses frères était celui d’un laïque simple et honnête. Saint François n’a pas imaginé une nouvelle forme; son vêtement était celui des pauvres et des paysans. Leurs successeurs, en y ajoutant, ont changé la chose en superstition. Ne voyons-nous pas aujourd’hui encore de vieilles femmes conserver la mode de leur siècle, qui s'éloigne bien te du | 11 HAL ii plus de celle de ce temps que mon habit ne s êca vôtre? L’Aubergiste. Oui Conrad. Et ainsi, quand vous voyez cette mode vous voyez les restes du siécle passé L’Aubergiste. Votre ‘habit nma: donc pas d'autre sainteté? Conrad. Absolument pas d’autre. L’Aubergiste. Il y en a qui prétendent que ces cos