mis des belles-lettres. Encore ne m'ont-ils jamais de¬
mandé d'explications. Fort de l'opinion unanime des
bons, je me soucie peu de ce qu’ils disent tout bas con¬
tre un absent. Si je ne craignais, mon cher Dorpius,
qu'on ne vît dans mon langage plus dorgueil que de
sincérité, je pourrais vous citer une foule de théolo¬
giens célèbres par la sainteté de leur vie, distingués
par leur savoir, éminents par leurs dignités, et même
dans le nombre quelques évêques, qui ne m'ont jamais
témoigné autant d'affection que depuis la publication
de la Folie, et auxquels ce livre plaît plus qu'à moi¬
méme. Je produirais ici leurs noms et leurs titres si
je ne craignais que ces trois théologiens ne se déchai=
nassent contre tous ces grands personnages a cause de
la Folie. Il y en a un du moins que je soupçonne d'être
parmi vous l’auteur de cette tracasserie, car j'en suis
à peu près réduit à des conjectures. Si je voulais le
dépeindre avec les couleurs qui lui sont propres,
personne ne s'étonnerait que la Folie déplit a un pareil
sire. Certes elle ne me plairait guère si elle ne dé¬
plaisait à de telles gens; quoi qu'elle ne me plaise
pas, elle me déplaît moins par cela seul qu’elle ne plaît
pas à de pareils esprits. Je fais plus de cas de l'opinion
des théologiens sages et éclairés, qui, bien loin de
m'accuser de causticité, louent ma modération et ma
candeur pour avoir traité sans hardiesse un sujet hardi
par lui-même et avoir badiné sans coups de dent.
En effet, pour ne répondre qu'aux théologiens, puis¬
que ce sont les seuls qui paraissent offensés, qui ne sait
tous les propos que l’on débite communément contre les
mœurs des mauvais théologiens? La Folie ne touche à