cour le dernier rang, n'a:t-il pas été blessé des plai¬
santeries que la Folie s'est permises contre les hauts
dignitaires des cours? Parce que ce seigneur, plein de
sagesse et de bonté, estime avec raison que ce qui
s'adresse aux grands pervers et insensés ne le regarde
pas. Que de sarcasmes la Folie n'a-t-elle pas lancés
contre les évéques vicieux et mondains! Pourquoi l'ar¬
chevéque de Cantorbéry ne s'en est-il pas ému? Parce
que ce modèle de toutes les vertus n'y voit rien qui le
concerne. Mais à quoi bon continuer la nomenclature
des princes, des évêques, des abbés, des cardinaux,
des savants illustres, dont pas un jusqu'à présent ne
m'a témoigné l'ombre d’un mécontentement à cause de
fa Folie.
Je ne puis concevoir que des théologiens s'irritent
de ce livre, sauf peut-être un très-petit nombre, qui
sont ou imntelligents, ou jaloux, ou d’une humeur si
chagrine que rien ne leur plaît. Tout le monde sait
que dans cette profession il se rencontre certains indi¬
vidus dun esprit et d’un jugement si ingrats qu'ils ne
sont propres à aucune Science, et moins encore à la
théologie. Quand ils ont appris par cœur quelques
règles d'Alexandre de Villedieu, qu’ils ont effleuré les
niaiseries de la sophistique, qu'ils ont retenu dix pro¬
positions d Aristote sans les comprendre, et autant de
questions de Scot ou d’Ockam, se réservant pour le
reste de puiser dans le Catholicon, Je Mammetrectus
et autres dictionnaires deméme sorte, comme dans une
corne d'abondance, Dieu sait comme ils se rengorgent,
car rien nest plus arrogant que lignorance. Ce sont
ceux-là qui méprisent saint Jérôme comme un gram¬