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134 tant le pasteur de ce troupeau. Il aime le nom d’agneau, et saint Jean le lui donne : « Voici l’agneau de Dieu. » Ce nom est souvent répété dans l’Apocalypse. Qu’estce que tout cela nous annonce? Que tous les hommes sont fous, sans en excepter les vrais chrétiens, et que même le Christ, qui était la sagesse de son père, en se faisant homme s’est en quelque sorte revêtu de notre folie pour la guérir, comme il s’est chargé du péché pour y apporter remède. Il n’a voulu y remédier que par la folie de la croix, que par le ministère des hommes les plus simples et les plus bornés, auxquels il a recommandé la folie et interdit la sagesse, en leur proposant pour exemple les enfants, les lis, le sénevé, les moineaux, espèces d’êtres qui végètent au gré de la nature, sans prévoyance et sans souci. Il leur défend de songer à ce qu’ils répondront lorsqu'on les traduira devant les tribunaux, de réfléchir sur les temps et les circonstances, de se confier en leur prudence. Il veut qu’ils attendent tout de lui. Le Créateur eut les mêmes vues lorsqu'il défendit à nos premiers parents, sous peine de mort, de goûter du fruit de l'arbre de la science, comme si elle était le poison du bonheur. Saint Paul la réprouve comme une source d’orgueil et de misère. Saint Bernard pensait vraisemblablement de même, lorsqu'il appela le mont où Lucifer avait établi son siège, le mont de la science. N'oublions pas une dernière preuve, c’est que la folie trouve grâce devant Dieu ; qu’elle seule obtient la rémission des fautes, et que la sagesse n’est pas une