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728 leur dit: « Eh bien! maintenant laissez là votre sac et votre bourse, et si vous n’avez pas d'épée, vendez votre chemise pour en acheter une.» Quoi! la doctrine de Jésus-Christ ne prêchant que douceur, patience, mépris de la vie, on ne voit pas ce que cela veut dire. Par ces mots Jésus prescrit a ses députés de se dépouiller de tout souci humain, de n’avoir ni souliers, ni bourse, ni vétements, et d’entrer dans la carriére apostolique nus, dégagés de tout, et n’ayant d’autre arme que le glaive; non celui des brigands et des parricides, mais le glaive spirituel, qui pénètre jusque dans les derniers replis de la conscience, qui coupe la racine des passions, pour ne laisser dans l’âme que les semences de la piété. Voyez, je vous prie, comme ce célèbre théologien force le sens de ce passage. Par l'épée, il entend le droit de se défendre contre la persécution; et par le sac, de bonnes précautions contre le besoin. Comme si Jésus-Christ, se repentant de n'avoir pas fait partir ses missionnaires en équipage d’ambassadeurs, s’était ravisé et avait changé de système. Comme si, oubliant qu’il leur avait dit, en leur défendant de résister aux persécuteurs, que la béatitude serait le prix des affronts, des outrages, des supplices qu’ils endureraient; qu’elle était destinée à ceux qui souffraient, et non à ceux qui se vengeaient; que l’exemple des oiseaux et des lis devait leur apprendre a compter sur la Providence, il leur avait donnée des ordres contraires, en leur recommandant de s’armer pour le départ, et