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129 daller nus plutôt que sans épée. Sous le nom de glaive, il entend de bonnes armes défensives; et sous celui de bourse, tout ce qui est nécessaire pour les besoins de la vie. Ainsi ce digne interprète des oracles du Sauveur donne un arsenal aux apôtres pour aller précher un Dieu crucifié. Il les charge d’un lourd bagage, afin qu'ils ne puissent plus sortir de l’hôtellerie sans avoir pris des forces. Le bon homme ne songe pas que Jésus-Christ, qui a, dit-il, tant recommandé à ses apôtres d’acheter cette épée, leur ordonne ailleurs de la remettre dans le fourreau, en les blämant de lavoir tirée; et qu'il est sans exemple qu’ils s’en soient jamais servis contre la cruauté des païens ; ce qu’ils auraient pourtant dû faire, si ce que dit l'interprète avait été le sens de leur maître. Un autre docteur, qui n’est pas un petit personnage, et dont je tais le nom par ménagement, s’est avisé d’amalgamer la peau du pauvre saint Barthélemy, qui fut écorché vif, avec les peaux de la terre de Madian, dont parle Habacuc: «Les peaux de la terre de Madian seront en confusion.» J’assistai dernièrement à une thèse de théologie : je n’y manque guère. Quelqu’un ayant demandé quel était le texte de l'Écriture qui ordonnait d’exterminer les hérétiques par le feu, au lieu de les convaincre par la persuasion, un vieillard rébarbatif, dont la mine renfrognée annoncait un vrai théologien, répondit avec véhémence que saint Paul en avait fait un précepte, en disant: Hæreticum hominem post unam et alteram correptionem de