PIR DIMAGE
plaiſirs des Hommes , il lui aparte¬
noit, à titre de préférence, de joliet
avec eux , & de les divertir. I n'y
avoit qu'un inconvénient : les Hom¬
mes croient Ja Folie , tant qu’elle par¬
le en Folle; & dès quelle emprunte
la voix de la Raifon , ils ne la recon¬
noiſſent ni ne l'entendent plus. C'eſt
aparemment par cet endroit que la
amatrice d’Erafme n’a point
réùli dans le meilleur de ſon deſſeins
qui étoit de changer les mœurs : les
Hommes ont les mêmes travers de
ſes & de conduite, qu’ils ont cu de
tout tems, & vraifemblablement ils
les aurônt de génération en généra¬
tion. Ce n’eft pas la faute de nôtre
Aétrice mordlifante ; elle ne pouvoit
s'y prendre mieux pour convertir fes
Auditeurs : & puifque la Folie même
ma pů amener les Hommes a la Sa¬
eile, hélas!il n’elt que trop fur qu’ils
n’y viendront jamais.
Pour donner une legere {dée du
ſuccès de cette petite Piéce, jè ne ſal
fi aucune autre produétion d’Eraſme