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L’EPITHALAME DE PIERRE GILLES. 83 persion d’une eau de source limpide faite avec une branche de laurier rend les yeux capables de distinguer ce genre de spectacle. Balbin. Voici un laurier; voici une petite fontaine. Alype. Cela se trouve fort à propos. Balbin. Aspergez. Alype. Regardez; ne voyez-vous pas? Balbin. Pas plus qu’avant. Aspergez encore. Alype. Ne voyez-vous pas maintenant? Balbin. Tout autant. Aspergez davantage. Alype. Cette fois j'espère que vous voyez? Balbin. C’est tout au plus si je vous vois. Alype. Malheureux! comme les ténèbres s’appesantissent sur votre vue! Ce secret ouvrirait les yeux à un charretier. Mais il ne faut pas vous tourmenter; il vaut peut-être mieux ne pas voir les Muses que d’éprouver le sort d’Actéon en voyant Diane. Vous courriez risque d’étre changé en hérisson, en sanglier, en porc, en chameau, en grenouille ou en geai. Toutefois je ferai en sorte que vous entendiez, pourvu que vous ne fassiez pas de bruit. Elles viennent de ce còté; allons audevant d’elles. Salut, déesses impatiemment attendues!. Les Muses. Nous vous saluons de tout ceur, ami des Muses. Alype. Pourquoi pincez-vous les lévres? Balbin. Vous ne faites pas ce que vous avez promis. Alype. N’entendez-vous pas? Balbin.. J'entends, mais comme l’âne entend la lyre. Alype. Je parlerai donc latin. Où allez-vous, si 1. Dans le texte ce salut et la réponse sont en grec.