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x LETTRE APOLOGETIQUE des gens ne rougissent pas de faire. J’ai montré le cote plaisant et risible plutòt que le còté hideux, et encore ai-je eu soin de glisser en passant des conseils sur les devoirs les plus sérieux de la vie, dont la connaissance importe essentiellement. Je sais que vous n'avez pas le temps de descendre à de pareilles frivolités; mais, si par hasard vous trouviez un moment, examinez avec un peu d'attention ces plaisanteries bouffonnes de la Folie : vous serez convaincu qu'elles ne sont pas moins conformes aux dogmes des Évangélistes et des Apôtres que certaines dissertations pompeuses que l'on trouve dignes des grands maîtres. Vous convenez vous-même dans votre lettre que ce livre renferme beaucoup de vérités, mais votre opinion est qu'il ne fallait pas blesser les oreilles délicates par des vérités mordantes. Si vous pensez qu'il est défendu de parler librement et que la vérité ne doit se produire qu'autant qu'elle est inoffensive, pourquoi les médecins emploient-ils des drogues amères et regardent-ils le Hierapicra comme un des remèdes les plus fameux? Puisque ceux qui guérissent les maux du corps agissent ainsi, n avons-nous pas cent fois le droit d'en faire autant pour guérir les maladies de l'âme? « Supplie, dit saint Paul, blâme, gourmande, opportunément, importunément. » L'Apôtre veut que l'on fasse la guerre aux vices par tous les moyens, et vous ne voulez pas que l'on touche à aucune plaie, même en usant de tels ménagements qu'il ne peut y avoir de blessé que celui qui prend plaisir à se blesser lui-même? S'il existe un moyen de guérir les vices des hommes