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142 toutes les voluptés sensuelles réunies dans une seule jouissance, tant les choses spirituelles et invisibles sont au-dessus de ce qui est matériel et insensible! C'est ce que nous annonce le prophete, lorsqu’il dit : « L’œil n’a jamais vu, l’oreille n’a jamais oui, le coeur n’a jamais senti ce que le Seigneur destine à ceux qui l’aiment. » La vie des saints est donc une espèce de folie que la mort ne termine pas, mais qu’elle consomme. Ceux dont elle est ici-bas l’heureux et rare partage tombent dans des extases qui ressemblent à la démence. Ils tiennent des discours qui n’ont pas de suite, qui n’ont rien de naturel; ils articulent des mots vides de sens. Leur visage se démonte, et prend successivement diverses formes. Passant alternativement de la joie à la tristesse et de la tristesse à la joie, ils pleurent, ils rient, ils soupirent. Ils ne se possèdent pas. Revenus à eux, ils disent qu’ils ne savent d’où ils sortent, s’ils étaient dans leur corps ou sans leur corps. Ce qu’ils ont entendu, ce qu’ils ont dit, ce qu’ils ont fait, n’est plus pour eux qu’un songe dont il ne leur reste qu'un souvenir confus. Ils savent seulement qu'ils ont été heureux dans leur délire, et ils voudraient qu’il durât toujours. C’est un avant-goût des joies du ciel. AIS je m’oublie, et ne finis pas. Si vous trouvez que j'ai déraisonné ou péroré trop longuement, songez, s’il vous plaît, que je suis la Folie, et femme, qui pis est. Cependant, souvent un fou parle raison. C’est un proverbe des Grecs. Mais peut-être ne