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140 Il faut encore mortifier ses passions, réprimer davantage la colère et l’orgueil, afin que l’esprit, moins chargé de masse, puisse mieux goûter les choses célestes. Dans le sacrifice de l’autel, sans en condamner les cérémonies, ils disent que c’est peu de chose, et même que c’est un mal, si on n’en pénètre l'esprit, si on ne considère le sens dans les figures. C’est la représentation de la mort du Sauveur: il faut la représenter en mourant aux affections charnelles, en les étouffant, en les ensevelissant dans le tombeau de Jésus-Christ, afin de renaître pour une nouvelle vie, et de ne faire tous ensemble qu’un méme corps avec lui. Telle est la vie; telles sont les méditations des saints. Le peuple, au contraire, croit qu’il suffit d’assister à l’église, d’être bien près de l’autel, d'entendre le chant du chœur et d’être spectateur des cérémonies, qui ne sont que des écorces. En un mot, c’est en tout, c’est partout, que des zélés s'élèvent au-dessus des sens et des apparences, et que leurs âmes sont emportées vers les vérités éternelles, vers les objets invisibles et spirituels. Cette contradiction d’idées, qui se trouve entre les dévots et les mondains, fait qu’ils s’accusent réciproquement de folie. Pour moi, je l'avoue, je crois que ce sont les mondains qui ont raison. ous en conviendrez quand je vous aurai démonNa comme je l’ai promis, que ce bien suprême, auquel les âmes dévotes aspirent, est vraiment un état de folie. Ce que dit Platon, que la fureur des amants est la plus douce de toutes, revient à ce que je vais