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> DO lui, elle adoucit et modérât, par le charme de sa folie, l’austérité du caractère masculin. En mettant en question si la femme est ou n’est pas de l’espèce humaine, Platon n’a voulu que nous indiquer combien elle est loin de la raison. Celles qui affichent la sagesse n’y gagnent autre chose que d’ètre doublement folles; c’est comme si, en dépit de tout bon sens, vous vouliez faire d’un bœuf un coursier. Déguiser la nature sous le fard de la vertu, et vouloir lui faire changer de route, c’est ajouter le ridicule au ridicule. Le singe sous la pourpre n’est jamais qu’un singe, comme dit le proverbe; et la femme sous le masque est toujours femme, c’est-à-dire une folle. Je crois pourtant qu’elles ne le seront pas assez pour se fàcher de ce que la Folie, qui est femme aussi bien qu’elles, les reconnaît pour ses semblables. Tout bien pesé, elles me doivent des remerciements ; elles m’ont l'obligation d’être, à beaucoup d’égards, plus heureuses que les hommes. Elles ont la beauté, qu’elles préfèrent à toutes choses, et certes avec raison; c’est en elles une arme victorieuse, qui subjugue jusqu'aux tyrans. Vous voyez dans l’homme un air bourru, un teint plombé, une forêt de barbe, une vieillesse prématurée. D'où cela vient-il? De trop de sagesse. Au contraire, les femmes ont des joues unies, la voix douce, la peau tendre, et, toute leur vie, des restes de jeunesse. Enfin, quel est leur plus grand désir ? Celui de plaire aux hommes. N'est-ce pas là que tendent tant de soins pour la parure, tant de fards, de bains, de frisures, de par