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66 ERASME. mographie de Ptolémée et de commenter les sermons de Grégoire de Nazianze ; — Sadolet, l’évêque de Carpentras, cardinal, secrétaire du pape Léon X, homme dun esprit délicat, d’une rare douceur, païen par son amour intelligent et tendre pour l’antiquité, chrétien convaincu et tolérant, un de ces cicéroniens qui disaient, comme le cardinal Bembo et Léon X, les dieux immortels, au lieu de Dieu tout court, et qui terminaient leurs lettres comme Vabbé de Saint-Bertin à Jean de Médicis: « Puissent les dieux rendre ta Florence grande et florissante!» du reste, @une modestie noble et forte, qui rappelle celle de Vivès, et qui lui inspirait ces belles paroles adressées à Érasme, en lui envoyant un commentaire sur un psaume : «Si vous trouvez à y reprendre, mon cher Érasme, ne craignez pas d’en agir avec moi franchement et librement, etmontrez-moi, surtout dans cette épreuve, cette foi de l’amitié, que je ne doute pas que vous n’ayez saintement gardée.» Cétait enfin Philippe Melanchton, le doux Melanchton, comme l’a peint Holbein, à l’œil spirituel et tendre, portant son nom, ses mœurs, sa douce intelligence, écrits sur sa figure; homme supérieur, mais effacé, qui ne semblait guère que réfléchir les qualités et les talents de ses illustres amis, Érasme et Luther, mais qui les surpassait peut-être par ce désintéressement de l’ange, qui lui faisait aimer tous ceux qu'il admirait, et voir, à travers les ténèbres des passions de ses amis et les fumées de leur rôle extérieur, quelles étaient leurs qualités réelles et ce qu'ils valaient aux yeux de Dieu,