sus-Christ. Son consentement obtenu, la jeune fille
avait été tenue comme en prison, pendant trois jours,
dans la maison paternelle. Des femmes du couvent
veillaient sur elle, empêchant que personne n’entrat
dans la chambre, et l’excitant par leurs exhortations.
Pendant qu'on préparait son costume de professe et
qu’on disposait tout pour le repas d'usage, elle avait
souffert quelque chose qui ne se peut pas raconter.
Il lui avait semblé qu’un fantôme lui apparaissait :
les femmes qui étaient là n’avaient pas vu ce fantôme ;
mais pour elle, cette vue l'avait fait tomber comme
morte.Revenue à elle, on lui avait expliqué sa vision;
c'était, selon ces femmes, un dernier effort du démon
tentateur; pareille chose leur était arrivée à toutes,
disaient-elles, à ce moment décisif.
— «C’éfaient, dit Eubulus, les folies de ces femmes
qui vous avaient troublé l'esprit. »
Le quatrième jour on l'avait revêtue de ses plus
beaux habits, comme si elle avait dû se marier...
—«A quelque moine grossier, interrompt Eubulus. »
Puis on l’avait amenée, au milieu du jour, de la
maison de son père au couvent, où lattendait une
grande compagnie d'amis et de curieux. Elle n’y était
restée que douze jours, après quoi elle avait été se
jeter aux genoux de l’abbesse, la conjurant de la
rendre à ses parents. Ceux-ci, tout d'abord, ne vou¬
laient pas la reprendre; mais voyant son repentir, ils
lui avaient ouvert leurs bras. C’est ainsi que Cathe¬
rine était redevenue libre.
Qui l’avait donc fait changer de résolution? Érasme
le laisse à deviner. Il aimait à désappointer son lec¬