ges.» Ma traduction est chaste; le latin l’est moins;
c'est d’ailleurs une nouvelle ressemblance avec Vol¬
taire; il n’osait pas beaucoup moins dans son français
qu’Erasme dans son latin.
Eubulus joint à ces raisons de mœurs des raisons
de dogme : on ne discutait rien alors sans s’autoriser
du dogme et de la tradition. Catherine est ébranlée ;
mais que peuvent de bons conseils contre des souve¬
nirs d'imagination, contre des rêves de jeune fille
exaltée?—«Vous me donnez d'excellentes raisons, dit¬
elle 4 Eubulus, mais rien ne peut m’enleyer ma pas¬
sion. — Si je ne puis yous persuader, répond Eubu¬
lus, souvenez-vous du moins que je vous ai avertie.
Je prie Dieu, par amour pour vous, que votre passion
vous réussisse mieux que mes conseils. » Ainsi finit le
colloque.
La Vierge qui se repent' en est la suite. Ce sont
encore nos deux personnages, Eubulus et Catherine.
Eubulus trouve la jeune fille tout en larmes. Le
prieur du couvent est auprés d’elle. « Quel oiseau
vois-je ici? demande Eubulus. — C’est le prieur du
couvent; mais ne vous en allez pas; on a fini de
boire; asseyez-vous un moment; quand il sera parti,
nous causerons. » Le prieur parti, les aveux com¬
mencent. La mère de Catherine, vaincue par ses lar¬
mes, avait fini par céder; son père s'était montré
plus ferme, mais les machinations des moines ayant
lassé sa constance, il s'était rendu. On l'avait menacé
Tune mort prochaine s'il enlevait une épouse à Jé¬