OCR
58 LE SYNODE DES GRAMMAIRIENS. moi sur l’index, Canthèle sur le médius, Diphyle sur l’annulaire, Eumène sur le petit doigt. Maintenant je passe è gauche ; je mets sur le pouce Fabulle, sur l’index Gaditan. Par conséquent, si je ne me trompe, nous sommes sept. Mais dans quel but voulez-vous savoir cela? Albin. Parce que j’ai oui dire que le nombre sept rendait un concile légitime. Bertulphe. De quel concile me parlez-vous? Albin. Il s’agit d’une chose sérieuse qui m’a longtemps et beaucoup tourmenté, et qui n’a pas tourmenté que moi, mais encore quantité de personnes qui sont loin d’être ignorantes. Je vais vous soumettre la question afin que, grace à l’autorité de ce synode, elle soit résolue définitivement. Canthèle. Une chose que vous ignorez, Albin, ou qui a longtemps et beaucoup tourmenté votre esprit si perspicace, doit être fort extraordinaire. Aussi sommes-nous curieux de savoir de quoi il s’agit. Je réponds seul au nom de tous. Albin. Ayez donc tous l’oreille attentive. Deux yeux voient mieux qu’un. Ÿ a-t-il quelqu'un de vous qui puisse nous expliquer ce que veut dire le mot Anticomarita ? Bertulphe. Rien n’est plus facile. Il signifie une espèce de bette, que les anciens appelaient nageante, à tige entortillée et noueuse, d’un goût extrèmement ment contre la littérature grecque, vient de donner à son livre un titre grec, mais d’une façon ridicule, en appelant Anticomaritæ ceux qu'il aurait dû nommer Antimariani ou Antidicomariani. » (Utilité des Colloques. )