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éblouissantes de la cour romaine. D'ailleurs ,
ses amis d'Angleterre le rappelaient de tous
leurs vœux et de toutes leurs instances auprès
d’eux. Henri VIII, lorsqu'il n’était encore que
prince de Galles, avait conçu plus que de l'es¬
time pour Erasme , et son avénement au trone
leur semblait une circonstance qu'il ne fallait
pas dédaigner. i
Ce troisième voyage en Angleterre date de
1509. Thomas Morus, depuis grand chance=
lier, fut l'hôte du savant hollandais; ils s’é¬
taient liés ensemble dès le premier séjour d'E¬
rasme à Londres. Ce dernier, rapportent quel¬
ques auteurs, s'était présenté à Morus sans se
nommer; mais la finesse de sa conversation le
trahit; l'anglais s’écria : « Ou vous êtes un dé¬
« mon, ou vous êtes Erasme! »
Ce fut là que, forcé de garder la chambre
pour se rétablir des fatigues du voyage, man¬
quant de livres pour continuer ses travaux
théologiques, il composa, en moins de huit
jours, lEloge de la Folie, cette satire de l'é¬
cole de Lucien, badinage plein de gaité, de sel