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48 LES MENDIANTS RICHES L’Aubergiste. Parce que vous portez vos dents partout et que vous ne portez d’argent nulle part. Des hòtes de ce genre me déplaisent souverainement. Conrad. Est-ce que nous ne travaillons pas pour vous? L'Aubergiste. Voulez-vous que je vous montre comment vous travaillez? Conrad. Montrez. L’Aubergiste. Regardez ce tableau tout prés de vous à gauche. Vous y voyez un renard qui préche, mais derrière lui une oie sort la téte hors de son capuchon. Vous voyez ensuite un loup qui absout un pénitent, mais on voit paraitre un quartier de mouton caché sous sa robe. Vous voyez un singe en habit de franciscain qui assiste un malade; d’une main il présente la croix, et de l’autre il fouille dans la bourse du malade. Conrad. Nous ne disconvenons point que cet habit ne cache quelquefois des loups, des renards et des singes; nous avouons même qu’il cache souvent des porcs, des chiens, des chevaux, des lions et des basilics; mais il recouvre aussi bien des honnêtes gens. Si l’habit ne rend pas meilleur, il ne rend pas plus mauvais. IL est donc injuste de juger des gens sur l’habit; autrement l’habit que vous mettez quelquefois serait exécrable, parce qu’il est porté par des voleurs, des assassins, des empoisonneurs et des adultères. L’Aubergiste. Passe pour l’habit, si vous me payez. Conrad. Nous prierons Dieu pour vous. L’Aubergiste. Je le prierai pour vous 4 mon tour, et nous serons quittes. Conrad. Mais il ne faut pas recevoir de toutes mains.