OCR
18 L’> INQUISITION DE LA FOI. ame agitée sans cesse par les remords, sans espoir de pardon. Aule. Croyez-vous cela sincérement et tout de bon? Barbat. Je le crois si fermement que je suis moins certain que nous nous entretenons tous deux. Aule. Pour moi, quand j'étais à Rome, je n’ai pas toujours trouvé des croyants aussi sincères. Barbat. De plus, en cherchant bien, vous trouverez ailleurs quantité de gens qui sont incrédules. Aule. Puisque vous pensez comme nous sur tant de points difficiles, qui empêche que vous soyez tout à fait des nôtres ? Barbat. C’est ce que je voudrais savoir de vous : car il me semble que je suis orthodoxe, et quoique je n’aille pas jusqu’à vouloir sacrifier ma vie à mes principes, je fais néanmoins tout mon possible pour que ma conduite réponde à ma croyance. Aule. D’où vient donc cette grande guerre entre vous et les orthodoxes ? Barbat. Demandez-leur. Mais dites-moi, mon médecin, si ce prélude ne vous déplaît point, vous dînerez avec nous, et après dîner vous me questionnerez à loisir sur chaque point. Je vous présenterai mes deux bras, vous examinerez mes excréments soit solides, soit liquides; enfin vous ferez, si bon vous semble, Panatomie de ma poitrine, afin de diagnostiquer plus sûrement. Aule. Mais la religion défend de manger avec vous. Barbat. Cependant les médecins mangent volontiers avec leurs malades afin d’observer en quoi leur appétit se montre ou fait défaut.