prince, ni richesses, ni honneurs, ni voluptés. Je suis
méme prét è perdre la vie pour lui s’il l’ordonnait,
étant convaincu que celui qui s’abandonne entièrement
à lui ne saurait périr.
Aule. Ainsi vous n’honorez, vous ne craignez et
vous n’aimez que Dieu seul ?
Barbat. Si je vénère, si je crains, si j’aime quelqu’un
à part lui, c’est par considération pour lui que j éprouve
ces sentiments, rapportant tout à sa gloire, le remer¬
ciant toujours, que je sois dans la joie ou dans la tris¬
tesse, qu’il me soit donné de vivre ou de mourir.
Aule. Jusqu’à présent votre langage est très-sain.
Que pensez-vous de la seconde personne ?
Barbat. Interrogez-moi.
Aule. Croyez-vous que Jésus ait été Dieu et homme ?
Barbat. Oui.
Aule. Comment a-t-il pu se faire qu’on soit à la fois
Dieu immortel et homme mortel.
Barbat. Cela a été très-facile à Celui qui peut tout
ce qu’il veut. En raison de la nature divine qu’il par¬
tage avec le Père, j’attribue au Fils autant de grandeur,
de sagesse et de bonté qu’au Père. Tout ce que je dois
au Père, je le dois également au Fils, sauf que le Père
a voulu tout créer et tout nous donner par le Fils.
Aule. Pourquoi l’Écriture sainte appelle-t-elle le Fils
Seigneur plus souvent que Dieu?
Barbat. Parce que Dieu est la dénomination de l’au¬
torité, c’est-à-dire de la prééminence qui convient sur¬
tout au Père, lequel seul est le principe de tout et la
source même de la divinité. Le mot Seigneur indique
le rédempteur et le libérateur. Il est vrai que le Père