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182 ÉLOGE DE LA FOLIE. supportez volontiers les fous, dit-il en parlant de lui-même. Il ajoute : Acceptez-moi comme fou. Ensuite : Je ne parle pas selon Dieu, mais comme dans un accès de folte. Il dit encore : Nous sommes fous pour le Christ. Quel pompeux éloge de la folie, et par quelle autorité! Il va plus loin, il recommande hautement la folie comme une chose très-nécessaire et de la plus grande utilité : Que celui d'entre vous qui se croit sage devienne fou pour être sage. Et, dans saint Luc, Jésus appelle fous les deux disciples qu’il rencontra sur la route d'Emmaüs. Faut-il donc s'étonner si ce divin Paul attribue à Dieu lui-même un grain de folie? La folie de Dieu, dit-il, vaut mieux que la sagesse des hommes. Il est vrai qu'Origène, dans son commentaire, ne veut pas que l’on prenne cette folie au pied de la lettre, non plus que dans cette phrase : Le mystère de la croix est une folie pour ceux qui périssent. Mais pourquoi me tourmenter vainement à recueillir tant de témoignages? Dans les psaumes mystiques, le Christ, en parlant à son père, ne s'écrie-t-il pas : Vous connaissez ma folie? D'ailleurs, ce n’est pas sans raison que les fous plaisent tant à Dieu. A mon sens, de même que les monarques se méfient des gens trop sensés et les ont en horreur, témoin