supportez volontiers les fous, dit-il en parlant de
lui-même. Il ajoute : Acceptez-moi comme fou. En¬
suite : Je ne parle pas selon Dieu, mais comme dans
un accès de folte. Il dit encore : Nous sommes fous
pour le Christ. Quel pompeux éloge de la folie, et
par quelle autorité! Il va plus loin, il recommande
hautement la folie comme une chose très-nécessaire
et de la plus grande utilité : Que celui d'entre vous
qui se croit sage devienne fou pour être sage. Et,
dans saint Luc, Jésus appelle fous les deux disciples
qu’il rencontra sur la route d'Emmaüs. Faut-il donc
s'étonner si ce divin Paul attribue à Dieu lui-même
un grain de folie? La folie de Dieu, dit-il, vaut mieux
que la sagesse des hommes. Il est vrai qu'Origène,
dans son commentaire, ne veut pas que l’on prenne
cette folie au pied de la lettre, non plus que dans cette
phrase : Le mystère de la croix est une folie pour
ceux qui périssent.
Mais pourquoi me tourmenter vainement à re¬
cueillir tant de témoignages? Dans les psaumes mys¬
tiques, le Christ, en parlant à son père, ne s'écrie-t-il
pas : Vous connaissez ma folie? D'ailleurs, ce n’est
pas sans raison que les fous plaisent tant à Dieu.
A mon sens, de même que les monarques se méfient