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VIII LETTRE APOLOGETI QUE l'encontre. Cette sottise, l'oisiveté et la déférence pour mes amis en sont la cause, et c'est la seule que j aie commise dans ma vie. Quel est, l’homme sage à toute heure? Vous convenez vous-même que mes autres productions sont fort estimées des gens pieux ainsi que des savants. Quels sont donc ces censeurs si rigides, ou plutôt ces membres de l'Aréopage, qui ne veulent point pardonner à un homme une seule ineptie? Par quel excès d'humeur chagrine, choqués d'un livre qui prête à rire, dépouillent-ils tout d’un coup un écrivain du fruit de tant de veilles antérieures? Que de sottises cent fois plus fortes que celle-là ne pourrais-je pas relever ailleurs, et méme dans de grands théologiens qui, inventant des questions pleines de chicane et vides de sens, bataillent entre eux pour de misérables vétilles, comme s'il s'agissait de leurs autels et de leurs foyers! Et encore, ces farces extravagantes, beaucoup plus absurdes que les Atellanes, ils les jouent sans masque. Moi du moins j'ai montré plus de réserve : en voulant déraisonner, j'ai pris le masque de la Folie, et, de méme que dans Platon Socrate se couvre le visage pour réciter les louanges de l'Amour, je remplis mon rôle sous un déguisement. Vous dites que ceux même à qui le sujet déplaît louent le talent, le savoir et l'éloquence qui y règnent, mais que sa forme trop mordante les blesse. Ces censeurs m'accordent plus que je ne veux; je ne tiens pas à ces éloges, surtout lorsqu'ils émanent de gens à qui je ne reconnais ni talent, ni savoir, ni éloquence. Car, s'ils possédaient ces qualités, croyez-le bien, mon cher Dorpius, ils ne s'offenseraient pas tant de badi