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VI LETTRE APOLOGETIQUE din ne réussit pas moins que le sérieux : « Qui empéche un plaisant, écrit-il, de dire la vérité! » Si les hommes les plus sages d'autrefois se sont plu à exposer les meilleurs préceptes de conduite dans des fables en apparence ridicules et puériles, c'est qu'ils savaient qu'en embellissaït par l'attrait du plaisir la vérité, un peu austère par elle-même, elle pénètre plus aisément dans l'esprit des mortels. C'est la ce miel que, dans Lucrèce, le médecin, pour guérir Penfant, applique autour d'une coupe d'absinthe. Les princes, en introduisant jadis dans leurs cours cette espèce de fous, ont voulu, grâce à une liberté de langage dont personne ne s offensait, connaître leurs défauts et s'en corriger. Peut-être serait-il inconvenant de faire figurer Te Christ dans cette énumération; mais, s'il est permis de comparer en quelque sorte les choses du ciel à celles de la terre, ses paraboles n'ont-elles pas un trait de ressemblance avec les fables des anciens? La vérité évangélique, ornée de cette parure, se glisse doucement dans les cœurs et y pénètre bien mieux que si elle se présentait toute nue. C'est ce que saint Augustin démontre éloquemment dans son ouvrage de la Doctrine chrétienne. En voyant à quel point l'esprit des hommes était gaté par les opinions les plus déraisonnables, et cela dans toutes les conditions de la vie, je souhaitais un remède sans trop l'espérer. Je crus donc avoir trouvé le moyen de gagner par cet artifice les oreilles délicates et de guérir tout en plaisant. J'avais remarqué bien des fois que cette facon agréable et badine d'admonester réussit à merveille. Si vous me répondez que le personnage uf