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D’ERASME A DORPIUS. V gens qui en sont peu dignes qu'en blämant ceux qui le méritent. Louer quelqu'un à tort passe pour de la naïveté; sì au contraire vous peigne; avec les couleurs qui lui conviennent l'homme le plus méprisable, on l'impute non à sa conduite, mais à votre passion : sans compter que les représailles qui s'ensuivent amènent quelquefois une grande guerre, et que les mauvais propos que l’on se lance tour à tour de part et d'autre allument souvent un terrible incendie. Et de même qu'il n'est pas chrétien de rendre le mal pour le mal, il nest pas d'un cœur généreux de venger son ressentiment par des injures, comme font les femmes. » Guidé par ces considérations, je me suis promis de bannir de mes écrits tout ce qui peut nuire ou blesser, et de ne les ternir jamais par l’ombre du mal. Je me suis proposé dans la Folie le même dessein que dans mes autres ouvrages, quoique par des moyens différents. Dans le Manuel, f'ai tracé simplement le tableau de la vie chrétienne. Dans le livre de l'Éducation d'un Prince, j'ai exposé ouvertement tous les devoirs d'un chef d'État. Dans le Panégy rique, sous le voile de la louange, j'ai traité indirectement le sujet que j'ai développé. plus haut à visage découvert. La Folie n’est que la reproduction, sous une forme badine, des idées contenues dans le Manuel. J'ai voulu avertir, et non attaquer; étre utile, et non offenser; réformer les mæurs, et'non scandaliser. Platon, ce philosophe si grave, approuve les nombreuses rasades, pa qu'il sait que la gaieté du vin ce dissipe certains vices que la sévérité ne saurait corriger. Horace est d'avis que dans les conseils le,ton ba