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d NOTE DE L ÉDITEUR. craindre alors que l'Éloge de la Folie ne partageât le sort commun; mais le chef-d'œuvre d'Érasme ne pouvait pas périr. Tandis que la plupart de ses écrits, ensevelis à tout jamais dans la poussière de l’oubli, sont à peine connus de nom par quelques érudits, l'Éloge de la Folie, bravant l'épreuve du temps, est presque devenu un livre populaire. Traduit dans toutes les langues de l’Europe, il l’a été surtout en français. De toutes les traductions faites dans notre Jangue, la plus estimée a été jusqu’à présent celle de Barrett, publiée à Paris en 1789‘. Celle que nous donnens aujourd’hui est-elle préférable à ses devancières? Aux lecteurs de le décider. Nous dirons seulement qu’elle est due à M. Victor Develay, qui depuis longtemps se consacre à la traduction d’auteurs latins avec l’ardeur et la persévérance d’un véritable érudit. C’est après s'être essayé, et avoir complétement réussi, dans la traduction des Colloques d’Érasme, que M. Develay, plus gagné par le charme de son auteur qu’arrêté par les difficultés du travail, a entrepris de traduire l'Éloge de la Folie. Interprète également heureux de Catulle, de Salluste, il a montré ainsi qu'il savait s’assimiler le génie de la langue latine à toutes les époques, et assouplir la langue française aux exigences d’un idiome qui, dans sa concision désespérante, semble perpétuellement se dérober sous la plume du traducteur. Peut-être eût-on désiré une Notice préliminaire en tête 1. Une erreur assez répandue attribue cette traduction à M Nisard qui l’a, il est vrai, donnée à la suite de son étude sur Érasme, publiée chez Gosselin en 1842. Mais le seul mérite de M. Nisard, — et c'en est encore un, — a été ici de bien choisir. L'erreur que nous signalons est due à la disposition du titre de l'ouvrage, où l'on a omis de mentionner le nom du traducteur. On doit croire, d’ailleurs, qu’il n'y a là qu’un oubli involontaire, et non une supercherie : car rien n'a été fait pour dissimuler l'origine de cette traduction, qui se trouve reproduite avec les notes mêmes de Barrett.