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139 saints combattent sans relache, et les mondains croient qu’on ne peut vivre sans elles. Il y a des passions mitoyennes qui sont aussi dans la nature. Tels sont lamour de la patrie, la tendresse paternelle, la piété filiale, le sentiment de l’amitié. Tout cela agit plus ou moins sur le peuple. Fans les hommes de Dieu travaillent, sinon à les déraciner deleurcœur, au moins å les spirituaJ liser; en aimant par exemple un père, non | comme père, car à ce titre que lui doiventils? un corps qu’ils doivent encore plus à Dieu, père de tous les hommes; mais en l’aimant comme un homi : = me de bien, image de la Divinité, qui est le bien supréme, hors duquel il ne faut rien aimer ni rien désirer. Cette règle est pour eux celle de tous les devoirs. Si tout ce qui est visible n’est pas à leurs yeux du néant, ils le mettent au moins fort au-dessous des objets de contemplation. Dans le culte et les sacrements, ils distinguent le corps et l’esprit. Dans le jeùne, ils comptent pour peu de chose ce que le peuple compte pour tout, l’abstinence de la viande et le retranchement d’un repas. ELOGE DE LA FOLIE 17