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any ÉRASME. 67 Outre ces hommes d'élite, d'autres encore, inégalement utiles à l'œuvre commune, composaient cette armée de dialecticiens, de théologiens philosophes, de philologues, d’annotateurs, d’éditeurs, dont Érasme était le roi : royauté agitée, inquiète, comme toutes les royautés, qui avait ses ennemis et ses flatteurs, ses idolâtres et ses envieux; qui tomba, presque au moment même où Érasme commençait à en jouir, devant celle d'un homme plus grand que lui, Luther, dont le nom, après avoir été quelque temps l'égal du sien, devait enfin le couvrir et l'effacer. Nous en sommes arrivés Yers l’an 1549. Érasme est en pleine possession de sa gloire. Trois jeunes rois, les plus grands de l’Europe, montés sur le trône environ dans le même temps, Francois I°, Charles-Quint, Henri VIII, se disputent à qui laura pour sujet volontaire. Les papes lui écrivent pour lui mander leur avénement, et lui offrir l’hospitalité publique à Rome. Les petites royautés, à l'exemple et à l'envi des grandes, les provinces et les villes à l'instar des royaumes, le convient à venir dans leur sein jouir d'un repos glorieux; tout le monde le flatte, même Luther. Toutes les presses d’Allemagne, d’Angleterre et d’Italie, reproduisent. ses écrits; tout ce qui lit ne lit qu'Érasme. Une comparaison qu'il publie entre Budé et Badius, grand philologue d'alors, fait assez de bruit pour que François 1°" s'en fasse rendre compte dans son conseil, comme d'une affaire d’État. Tout ce qui écrit. imite sa manière, etses adversairesmême ne peuvent l'attaquer qu'en lui répondant dans son propre style. Le monde, tout plein