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ÉRASME. 37 malgré ses goûts pour la solitude studieuse, et la discussion si différente de la conversation, malgré sa gaucherie d’érudit et d’ecclésiastique s’essayant à des meeurs de laique et d’homme à la mode. On sait ce qu'il a écrit des beautés britanniques, de ces nymphes « aux vis reriez à vos muses », dit-il à un certain poëte lauréat, ges divins, caressantes, faciles, et que vous préféFaustus Andrelinus ; et de « ces baisers si doux, si embaumés », à travers lesquels il voyait l'Angleterre et la jugeait. C'est apparemment le souvenir de ces nymphes et de ces baisers qui le rendait si dur pour la France, jusqu’à dire au même Faustus, alors à Paris : « Comment un honime d'un nez si fin que vous se résignerait-il à vieillir dans les ordures de la Gaule? » Je dis ordures, qui est le nom générique; le latin désigne l'espèce *. Plus tard il se montra plus bienveillant, et sans doute plus juste pour la France. Tl dit à Thomas Linacer : «La France me plait tellement depuis mon re tour, que je doute si j'ai plus de goût pour l Angleterre , quoiqu’elle m'ait donné tant et de si bons amis, que pour la France qui nyest si douce par mes anciennes relations , par la liberté, et par la faveur qu'on m’y veut bien montrer. » Et plus loin : «La France me plaît d'autant plus qu’il va longte ps que je suis privé de la voir.» On aime à retrouver dans les vieux livres ces hommages rendus librement au génie hospitalier de notre France, à son goût pour les grands esprits, à la liberté dont on y jouissait, même aux époques où ' Quid te juvat hominem tam nasutum inter merdas gallicas consenescere ?