malgré ses goûts pour la solitude studieuse, et la dis¬
cussion si différente de la conversation, malgré sa
gaucherie d’érudit et d’ecclésiastique s’essayant à des
meeurs de laique et d’homme à la mode. On sait ce qu'il
a écrit des beautés britanniques, de ces nymphes « aux
vis
reriez à vos muses », dit-il à un certain poëte lauréat,
ges divins, caressantes, faciles, et que vous préfé¬
Faustus Andrelinus ; et de « ces baisers si doux, si
embaumés », à travers lesquels il voyait l'Angleterre
et la jugeait. C'est apparemment le souvenir de ces
nymphes et de ces baisers qui le rendait si dur pour
la France, jusqu’à dire au même Faustus, alors à Paris :
« Comment un honime d'un nez si fin que vous se
résignerait-il à vieillir dans les ordures de la Gaule? »
Je dis ordures, qui est le nom générique; le latin dési¬
gne l'espèce *.
Plus tard il se montra plus bienveillant, et sans
doute plus juste pour la France. Tl dit à Thomas Li¬
nacer : «La France me plait tellement depuis mon re¬
tour, que je doute si j'ai plus de goût pour l Angle¬
terre , quoiqu’elle m'ait donné tant et de si bons amis,
que pour la France qui nyest si douce par mes an¬
ciennes relations , par la liberté, et par la faveur qu'on
m’y veut bien montrer. » Et plus loin : «La France me
plaît d'autant plus qu’il va longte
ps que je suis privé
de la voir.» On aime à retrouver dans les vieux livres
ces hommages rendus librement au génie hospitalier
de notre France, à son goût pour les grands esprits, à
la liberté dont on y jouissait, même aux époques où
' Quid te juvat hominem tam nasutum inter merdas gallicas con¬
senescere ?