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ÉRASME. 14 de résister et aux incertitudes d’une vie précaire. Érasme, qui avait dès ce temps-là un instinct de son avenir, parla de vendre les lambeaux de terres qui leur restaient, d'en faire une petite somme, d’aller aux universités, d'y finir leurs études, et de s’abandonner ensuite à la grâce de Dieu. Son frère, entraîné par cette confiance, y consentit: ils s’engagérent par serment à se soutenir l’un l’autre contre leur tuteur; mais l'aîné y mit la condition qu’Érasme, comme le plus décidé et le plus habile, se chargerait de porter la parole. Érasme le voulut bien : «Mais, dit-il, ne va pas me manquer au moment décisif; car, si je suis seul, toute la: tragédie retombera sur ma tête. » Le jeune homme prit les saints à témoin de sa fidélité à sa parole, Quelques jours après, Guardian les fit appeler. Il le prit d'abord sur un ton doux, parlant longuement de sa tendresse paternelle pour ses pupilles, de son zèle et de sa vigilance ; après quoi il les félicita de ce qu'il venait de trouver pour eux une place chez les moines deux fois canoniques ; c'était un des ordres du temps. Érasme répondit aux protestations par des remerciements ; puis, venant au yrai sujet de l'entretien, il dit que son frère et lui étaient trop jeunes pour prendre un parti si graye; qu’ils ne pouvaient pas se faire moines avant que de savoir ce que c'était qu’un moine; qu'après quelques années consacrées à l'étude des lettres, ils verraient à traiter mürement cette affaire ; qu'un peu de réflexion n’y nuirait pas. Guardian, qui ne s'attendait pas à un refus, éclata en menaces, el cet homme, qui s'était fait une réputation. de dou