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ERASME. 7 vait, dit un écrivain du temps, se défendre comme Didon : Huic uni forsan potui succumbere culpæ. Cette femme mit au monde son enfant dans une maison écartée de Rotterdam, sans le touchant honneur qu'on rendait aux mères dont l'Église avait béni le mariage. Cet honneur consistait en une pièce de linge blanc et fin dont on entourait le marteau de la porte, pour désigner à la sympathie des passants la maison de la nouvelle accouchée. L'enfant naquit inconnu dans les bras des hôtes inconnus à qui sa mère ayait acheté l'hospitalité et le secret pour huit jours. Cette naissance fut un reproche sanglant dans les mains des ennemis de l’enfant devenu homme illustre. Le fameux Jules Scaliger, entre autres, qui avait une jalousie misérable contre Érasme, ne pouvant rien contre ses écrits, s’en prit honteusement à sa naissance. Les lettres qu’il écrivit à ce sujet, les réponses d’Erasme, et le scandale littéraire qui en résulta, ne furent point un des moindres événements du seizième siècle. Les honnêtes gens prirent le parti d'Érasme, lequel avait su se faire un grand nom malgré Ja faute de sa mère, et rester honnête homme malgré l'influence ordinairement corruptrice d’une paissance irrégulière. Jules Scaliger se donna le ridicule de dire d’épouvantables grossièretés dans un latin barbare ; ef malgré l’origine princière dont il se vantait, il est resté beaucoup plus étonnant par sa vanité diabolique, que par sa confuse érudition et ses laborieux paradoxes littéraires.