LO LA VIE D'ERASME.
62. Si vous demandez quel ettoit fon fentiment
touchant le Saint Sacrement del’Autel, fesefcrits
le fontaflez paroiftre; Bien eft-il vray que dans
l’Epiftre 10, de fon 22. Livre, parlant des opinions
de Luther & d’Oecolampade, qui faifoient grand
bruit dans l’Eglife fur ce fujet, il dit, qu’il ne trou¬
ye aucun paflage dans VEfcriture,quiluy falle voir
manifeſtement que les A poſtres, lors qu'ils confa¬
croient; changeaflent la fubitance du pain & du
vin, en celle du Corps & Sang du Fils de Dieu, &
qu’ilne feroit pas grande difficuiré de fuivre le fen¬
timent d'Occolampade fur cette matiere ; fi lesor=
donnances & la pratique de] Eglife ne luy perfua¬
doient le contraire. Or Oecolampade eftimoir;que
dans l'Euchariltie il n’y avoit que du pain & du vin,
& qu’ilne s’y faifoiraucun changement. Mais quoy
que c'en foit, nous voyons neanrmoins qu'Erafme
s’artachoit fermement en ce point à la croyance
commune de l’Eglife.
63. Il reprenoit Je mauvais ufage des Indulgen¬
ces dans ceuxqui s’imaginoient, que quoy que l’on
put faire demal , l'on fe pouvoit neantmoins fau
ver par leur moyen, fans faire penitence. Il blaf¬
mioit bien fort ceux qui pouffez par une devotion
indifcrette , quittoient leurs femmies & leurs en¬
fans, au hazard de Jes laifler mourir de faim , pour
aller faire des pelerinages à Rome, à Jerufalem; ou
à faint Jacques en Galice. Il condamnoit ceux qui
mettans toute l’efperance de leur falut dans certai¬
nes ceremonies exterieures » negligeoient cepen¬
dant l’ornement interieur de leurs ames , qui eft
neantmoins beaucoup plus confiderable, Enfin il
avoit peine à ſouffrir que l'on déferaft tant à des
conftitutions humaines , que de ruiner pluftoft &
la ſanté du corps, & le falut de l'ame, que de les