LA VIE D'ERASME: To
il croyoit qu'il n’eftoit point hors de propos de
leur accorder quelque chofe, particulierement
touchant les points quine regardent point les My¬
fteres de noftre Religion, & nechoquent point les
Articles de noftre Foy. Par exemple , les Hereti¬
ques crioient queles Catholiques eftoient idolä=
tres, parce qu'ils invoquoient les Saints, & ho¬
noroient leurs Images : Erafme pour reünir les uns
avec lesautres, eftimoit que, commel'invocation
des Saints ny le culte de leurs Images ; n’eftoient
pas commandez dansla fainte Efcriture, on pou
voit laiſſer cela ala liberté d’un chacun» fans y obli¬
ger ceux quine le faifoient pas, & fans accuferd’i¬
dolatrie ceux qui le faifoient. Il difoit la mefme.
chofe des Reliques des Saints , & des prieres que
l’on fait pour les morts. Quant à la Confeſſion Sa¬
cramentelle , il eftimoit que ceux qui ne la
croyoient pas d’inftitution divine » la devoient
pratiquer neantmoins comme une chofe fort utile
& falutaire > ce qu'on leur perfuaderoir aifément,
quand on leur feroit entendre qu’on n'eft obligé de
s’en fervir que pour les pechez mortels, dont il ¬
neft pas beaucoup difficile de s’abftenir ; & qu'en
s’en abftenant , avec l’aide de Dieu, Pon meftoit
point fajet à la Confeflion.
61. Pour ce qui eft de la Mefle, il ne voyoit pas
pourquoy les Hupuenots la blafmoient tant , yeu
qu'elle n’eſt compoſée que de faintes prieres. Si
ilstrouvoient mauvais qu'on en dir dans les Egli=:
fesun f grand nombre, comme l’on fait, ilne trou
voir pas qu’il fut hors de raiſon de leur relafcher
quelque chofe en cela, & de r’appeller l’ancienne
pratique del’Eglife, lors que l’on en difoit peu,
mais que l'on entendoir avec beaucoup plus de de=
Voulon.
: 1 iy