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L>ENTERREMENT.

Marcolphe. De quels morts parlez-vous ?

Phèdre. Connaissez-vous Georges de Baléar?

Marcolphe. Je le connais de nom seulement, mais
pas de vue.

Phèdre. Je sais que l’autre vous est tout è fait in¬
connu. Il se nommait Corneille Dumont; nous étions
liés depuis plusieurs années.

Marcolphe. Il ne m’est jamais arrivé de voir mourir
quelqu'un.

Phèdre. Cela m’est arrivé plus souvent que je n’au¬
rais voulu.

Marcolphe. La mort est-elle aussi horrible qu’on le
dit communément ?

Phèdre. Le chemin de la mort est plus pénible que
la mort elle-même. Si l’on chasse de son esprit lhor¬
reur et l’image de la mort, on supprime une grande
partie du mal. D’ailleurs, toutes les souffrances qu’en¬
traîne soit la maladie, soit la mort, deviennent bien
plus supportables si l’on s’abandonne entièrement à la
volonté de Dieu. Quant au sentiment de la mort au
moment où l’âme se sépare du corps, je crois qu’il est
nul ou peu s’en faut, parce que la nature, avant d’en
venir là, assoupit et éteint toutes les parties sensibles.

Marcolphe. Nous naissons sans nous en apercevoir.

Phèdre. Mais non sans que la mère s’en aperçoive.

Marcolphe. Pourquoi ne mourons-nous pas de
même? Pourquoi Dieu a-t-il voulu que la mort fût si
cruelle ?

Phèdre. Il a voulu que la naissance fût douloureuse
et dangereuse pour la mère, afin qu’elle aimât plus
tendrement son fruit; et i! a voulu que la mort fût