Aule. Pourquoi ?
Barbat. Parce que quand nous étions ennemis de
Dieu, adorateurs des idoles, combattant dans le camp de
Satan, c’est-à-dire très-excommuniés de toutes façons,
c'est alors que Dieu a le plus conversé avec nous dans
la personne de son Fils, et que par son entretien il nous
a rendus è la vie, de morts que nous étions.
Aule. Ce que vous dites là est parfaitement vrai.
Barbat. Ne serait-ce pas mal agir envers les malades
si, chaque fois qu’une maladie grave afflige un mal¬
heureux, le médecin évitait de lui parler, alors que sa
présence est le plus nécessaire ?
Aule. Mais je crains que vous ne me communiquiez
une partie de votre mal avant que j’aie pu vous gué¬
rir. Il arrive quelquefois que celui qui visite un malade
devienne, au lieu de médecin, lutteur.
Barbat. Cela arrive effectivement dans les maladies
du corps, mais dans les maladies de l’àme, vous avez
sous la main un antidote contre toute contagion.
Aule. Lequel?
Barbat. La ferme volonté de ne point démordre de
l’opinion qu’on a une fois conçue. Ensuite pourquoi
craignez-vous la lutte, quand tout se passe avec des
mots?
‘Aule. Les mots mont de valeur qu’autant qu'il y a
espoir de réussite.
Barbat. Le proverbe dit : Tant que l'homme respire,
on doit espérer ; et suivant saint Paul: La charité ne sait
pas désespérer, parce qu’elle espère tout.