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LES VŒUX IMPRUDENTS. 27 pagner. Enfin, il fut décidé que tout le monde y irait. Craignant de passer pour un compagnon peu facile, je promis aussi. Alors on se mit à délibérer si nous irions de préférence à Rome ou à Compostelle. On rédigea un sénatus-consulte portant que tous-partiraient le lendemain sous de bons auspices pour les deux localités. Corneille. O le grave décret, plus digne d’être inscrit sur le vin que sur l'airain ! Arnold. Aussitôt une large coupe circule è la ronde. Quand chacun l’a toute bue à son tour, le vœu est réputé inviolable. Corneille. Étrange religion! Sont-ils tous revenus sains et saufs ? Arnold. Tous, excepté trois, dont l’un mourut au moment du départ et nous recommanda de saluer pour lui saint Pierre et saint Jacques. Le second mourut à Rome et nous pria de saluer en son nom sa femme et ses enfants. Nous laissèmes le troisième à Florence dans un état désespéré. Je le crois maintenant au ciel. Corneille. Il était donc très-pieux? Arnold. Au contraire, c’était un grand libertin. Corneille. Pourquoi supposez-vous donc cela? Arnold. Parce qu’il avait une besace gonflée d’indulgences plénières. Corneille. J'entends; mais la route est longue pour aller au ciel, et on la dit peu sûre à cause des voleurs qui interceptent le milieu de l'air. Arnold. Oui, mais il était suffisamment muni de passe-ports. Corneille. Écrits en quelle langue? Arnold. En langue romaine.