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24 LES VŒUX IMPRUDENTS. Arnold. Quel dieu ou quel vent vous a poussé là-bas? Corneille. Quel motif y pousse tant d’autres? Arnold. La folie, si je ne me trompe. Corneille. Le blâme ne retombe donc pas sur moi seul. Arnold. Qu’alliez-vous chercher là-bas? Corneille. La misère. Arnold. Vous pouviez la trouver chez vous. Y a-t-il quelque chose que vous jugiez digne d’être vu? Corneille, À vous parler franchement, presque rien. On montre quelques monuments de l'antiquité qui me paraissent tous apocryphes et inventés pour attirer les gens simples et crédules. Je crois même que l’on ne sait pas au juste en quel endroit était située jadis Jérusalem. Arnold. Qu’avez-vous donc vu? Corneille. Partout l'empreinte de la barbarie. Arnold. Ne revenez-vous pas plus dévot? Corneille. Au contraire, je suis pire sous bien des rapports. Arnold. Vous étes donc plus chargé d’écus? Corneille. Je suis plus nu qu’une peau de serpent. Arnold. Ne regrettez-vous pas d’avoir entrepris vainement un si long voyage? Corneille. Je n’en rougis pas, parce que je vois une foule de gens qui ont partagé ma folie; je ne m’en repens pas, parce que maintenant le repentir ne servirait è rien. Arnold. Ne rapportez-vous pas quelque fruit d’un voyage si pénible?