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18 PREFACE. spécialement au Père, lequel ils désignent souvent sous le nom d’auctor lorsqu’ils comparent les personnes entre elles. A-t-on raison de dire que le Père est la cause du Fils? Cela m’importe peu, attendu que je ne me suis jamais servi de ce mot; mais ce qu’il y a de très-vrai, c’est que nous ne pouvons parler de Dieu qu’en termes impropres, et que les mots : source, principe ou origine, ne sont pas plus propres que le mot cause. Considére maintenant, cher lecteur, quels sont ces hommes qui par leurs jugements conduisent quelquefois les autres sur le bûcher. Rien rest plus honteux que de blâmer ce que Pon ne comprend pas. Ceite manie de chicaner sur tout, qu’engendre-i-elle, sinon l’aigreur et la discorde? Ah! plutôt interprétons favorablement les opinions d’autrui, ne tenons point à passer nousmémes pour des oracles et ne considérons point comme tels les jugements de ceux qui ne comprennent pas ce qu’ils lisent. Le conseil où préside la haine rend un jugement aveugle. Que le SaintEsprit, ce pacificateur universel qui se sert de ses voix de différentes manières, nous rende tous pleins d’accord et d’union dans la saine doctrine et les saintes mœurs, afin que nous ayons le bonheur d’habiter en commun la Jérusalem céleste qui ne connaît pas la discorde. Ainsi soit-il. Båle, le 20 juin 1527.