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m (23) ble aux yeux des deux partis, comme il arrive toujours dans les temps de révolutions, et les catholiques ne montrèrent pas moins d’animosité contre lui que les protestans. La publication de ses Colloques, où il parlait en termes assez libres de quelques abus tolérés par l'église romaine, acheva de les mettre en fureur ; et la Sorbonne, poussée par son syndic Noël Béda, homme ignorant et passionné, censura d’une manière outrageante plusieurs proposilions tirées de ses œuvres. La retraite de notre infatigable savant fut une source de richesses pour les lettres. De cet arsenal pacifique sortirent, par ses soins, des éditions précieuses d’auteurs latins; il s'occupait de traduire ou de commenter les Pères de l'Eglise, saint Jean-Chrysostôme, saint Ambroise, etc. La solitude laborieuse de l’homme de lettres ne resta pourtant pas inviolable : les réformés gagnaient tous les jours des partisans à Bale; leurs progrès furent si alarmans qu’'Erasme en partit secrètement une nuit pour se retirer à Fribourg (1529). Les magistrats l'accucillirent avec les plus grands honneurs,