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ble aux yeux des deux partis, comme il arrive
toujours dans les temps de révolutions, et les
catholiques ne montrèrent pas moins d’ani¬
mosité contre lui que les protestans. La publi¬
cation de ses Colloques, où il parlait en termes
assez libres de quelques abus tolérés par l'é¬
glise romaine, acheva de les mettre en fureur ;
et la Sorbonne, poussée par son syndic Noël
Béda, homme ignorant et passionné, censura
d’une manière outrageante plusieurs proposi¬
lions tirées de ses œuvres.

La retraite de notre infatigable savant fut
une source de richesses pour les lettres. De
cet arsenal pacifique sortirent, par ses soins,
des éditions précieuses d’auteurs latins; il s'oc¬
cupait de traduire ou de commenter les Pères
de l'Eglise, saint Jean-Chrysostôme, saint Am¬
broise, etc. La solitude laborieuse de l’homme
de lettres ne resta pourtant pas inviolable : les
réformés gagnaient tous les jours des parti¬
sans à Bale; leurs progrès furent si alarmans
qu’'Erasme en partit secrètement une nuit pour
se retirer à Fribourg (1529). Les magistrats

l'accucillirent avec les plus grands honneurs,