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(19) alors en public les questions les plus bizarres, pour ne pas dire les plus impies; sans absoudre le nouveau Lucien du blâme d’avoir traité avec la même liberté le sacré et le profane, nous croyons pourtant qu'on ne peut accuser Erasme d’avoir chargé ses tableaux; il suffit de lire l’histoire de l’époque; la connaissance des mœurs du siècle est à la fois l'excuse et le commentaire de la satire. Selon nous, il y a loin encore du langage de la Folie au roman bouffon et cynique du curé de Meudon 4. et lorsque Rabelais jetait avec tant d’audace le ridicule sur le dogme, le culte et les préires, il n’avait plus a alléguer les excuses qui nous font demander pardon pour Erasme. Mais, afin que nous ne soyons pas accusés d'avoir l'enthousiasme de tous les traducteurs qui ressemblent, comme la dit certain plaisant, & Noe , le premier éditeur ivre de son ouvrage, nous conseillons aux lecteurs de juger par eux-mêmes de la gravité du cas, d’absoudre ou de condamner sérieusement la partie * La première édition de Eloge de la Folie est de 1512, comme Pa prouvé Bayle. Rabelais publia son Pantagruel en 1533.