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prendront le soin d’élever un monument di¬
gne de lui au savant du 16% siècle qui, dans
un temps si fertile en grands noms histori¬
ques, en laissa un dont la célébrité n’a rien à
envier à personne, et dont la pure renommée,
loin d’avoir été entamée par les efforts de la
calomnie, est descendue à la postérité entou¬
rée d’un souvenir de services importans, de
qualités et de vertus. C’est sans doute une
époque intéressante pour les lettres que celle
où Erasme traduisait le Nouveau Testament,
commentait les Pères de l'Eglise , faisait con¬
naître Lucien et les moralistes grecs, ressus¬
citant ainsi le feu sacré de la muse antique
dans un pays où la littérature n'avait encore
d'autre langue que celle qu’y avaient autre¬
fois apportée les légions de Germanicus et les
préteurs de l'empire. Il y aurait plaisir à s'ar¬
rêter pour considérer ces dernières luttes de
la barbarie contre la civilisation, ces premiers
jets de lumière tombant enfin sur les yeux en¬
gourdis de l'ignorance, et cette main hardie
qui alluma le flambeau et l’éleva au-dessus
des ténèbres. Quelle autre source d’intérêt