étoit de célébrer, avec l’encenfoir de leur Rhé.
torique , la gloire des Dieux & des Héros. Vous
allez donc entendre le Panégirique, non d’un
Hercule, non dun Solon, mais de moi, c’eft à
dire, de la FOLIE.
Afin que vous le fachiez, Jai un fouverain
mépris pour ces Sages qui crient au fat, à Pinfo¬
lent, quand quelqu'un {e vante & s’en fait ac:
croire. Quils traitent tant qu’ils voudront cet
homme -là de fot & de ridicule, jy confens:
Mais du moins , ils avoueront que ce fou garde
la bienſéance de ſon cara@ere- Quoi de plus
convenable à la Folie, que d’être la trompette
de ſon mérite , que de faire retentir ſes louanges
par-tout ? Qui peut mieux me tirer au naturel,
que moi- même ?
Il me femble néanmoins, qu'en cela pagis
encore beaucoup plus modeſtement que le com¬
mun des Grands & des Sages du Monde. Une
mauvaile honte les etmpeche de fe louer eux¬
mémes: mais que fait-on? On gagne un Pa¬
négirifte flateur, on achete une Mufe hableufe;
& on sembaume ainfi de Ja douce fumée d’un
Eloge, qui presque toujours n’eft qu’un tiflu
de menfonges finement tournés. (x) Cepen¬
dant, le bon Seigneur avec ſon air modeſte
étend fon plumage comme le Paon léve la crête
à la voix du Flateur impudent, qui compare
un lourdaut à la Divinité ; gui propoſe, comme
un modele accompli de toute vertu, un RIE
5 qui