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2A L'ELOGE DE LA FoLité, étoit de célébrer, avec l’encenfoir de leur Rhé. torique , la gloire des Dieux & des Héros. Vous allez donc entendre le Panégirique, non d’un Hercule, non d’un Solon, mais de moi, c’eft à dire, de la FoLiE. Afin que vous le fachiez, Jai un fouverain mépris pour ces Sages qui crient au fat, à Pinfolent, quand quelqwun fe vante & sen fait ac: croire. Quils traitent tant qu’ils voudront cet homme -là de fot & de ridicule, jy confens: mais du moins , ils avoueront que ce fou garde la bienſéance de ſon cara@ere- Quoi de plus convenable à la Folie, que d’être la trompette de ſon mérite , que de faire retentir ſes louanges par-tout ? Qui peut mieux me tirer au naturel, que moi- même ? il me femble néanmoins, qu’en cela j’agis encore beaucoup plus modeftement que le commun des Grands & des Sages du Monde. Une mauvaiſe honte les empéche de ſe louer euxmémes: mais que fait-on? On gagne un Panégirifte flateur, on achete une Mufe hableufe; & on sembaume ainfi de Ja douce fumée dun Eloge; qui presque toujours wet qwun tifu de menfonges finement tournés. G) Cependant, le bon Seigneur avec ſon air modeſte étend fon plumage comme le Paon léve la crête àla voix du Flateur impudent, qui compare un lourdaut a la Divinité; qui propofe, comme un modele accompli de toute vertu, un Rena = qui G) Oz en veut ici fourtout ance louanges que lei Orateurs Jacres donnent publiquement aux Grands,