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62 LES MENDIANTS RICHES sassent sur sa téte et que la queue trainat par terre, tout le monde ne le prendrait-il pas pour un fou? L’Aubergiste. Ce serait tout & fait ridicule. Conrad. Et si quelqu’un avait un habit qui cachat la figure et les mains, et découvrit les parties honteuses? L’Aubergiste. Ce serait encore plus absurde. Conrad. C’est pour cela que les auteurs païens euxmêmes ont blàmé ceux qui s’habillaient de tissus légers, indécents même pour des femmes. Car il est plus pudique d’être nu, comme nous vous avons trouvé dans le poéle, que d’avoir un habit transparent. L’Aubergiste. Pour moi, je crois que tout ce qui concerne l’habillement dépend de la coutume et de l’opinion. Conrad. Pourquoi cela? L’Aubergiste. I] n’y a pas longtemps que logèrent ici des voyageurs qui disaient avoir visité plusieurs pays nouvellement découverts et qui ne figurent pas sur les cartes des anciens cosmographes. Ils racontaient qu’ils étaient arrivés dans une île d’un climat très-doux où rien n’était plus déshonorant que de se couvrir le corps. Conrad. Ces gens-là vivaient sans doute comme des bêtes. L'Aubergiste. Au contraire; au dire des voyageurs, ils étaient très-civilisés. Ils vivaient sous un roi; ils l’accompagnaient le matin à l’ouvrage, qui ne durait pas plus d'une heure, et cela tous les jours. Conrad. Quel ouvrage faisaient-ils ? L’Aubergiste. Ils arrachaient une espèce de racine qui leur sert de froment, mais qui est plus agréable et